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Communiqués de presse de la CGT

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Publié par actu

Dans la décision du ministre qui autorise les licenciements (contre l’avis de l’inspection du travail confirmé par l’enquête diligentée par la directrice départementale du travail) nous pouvons lire …
"que la société replace les faits dans un contexte de dix années de violence comportementale de certains élus à l'égard de différents directeurs des ressources humaines"

  

Vous avez dit « violence comportementale » ?

 

Si violence comportementale ne choque pas forcément de prime abord, il reste de la lecture une impression bizarre : cela sonne faux sans trop que l’on sache pourquoi. Cette fausse note, certains la mettrons sur le compte du style lourd et prétentieux de l’auteur, un auteur qui se voudrait écrivain mais qui ne l’est pas et qui utilise violence comportementale plutôt que comportement violent. Or ce terme a été utilisé dans une lettre officielle du ministère, lettre on ne peut plus administrative et donc dépourvue de tout style, de toute prétention littéraire.

Alors que cache cette utilisation de violence comportementale plutôt que de comportement violent ?

C’est là toute la magie du français, de la manipulation des mots dans ce qu’elle a de meilleur mais en l’occurrence dans le cas présent, ce qu’elle a de pire. On change la formulation : on caractérise la violence pour ne pas caractériser le comportement et ainsi brouiller les pistes, éviter de devoir rendre des comptes, de devoir dire la vérité.

« Vous me dites que certains élus ont fait preuve d’un comportement violent pendant dix ans ? Avancez des preuves, des faits tangibles dont nous pourrons discuter messieurs du ministère ! ah vous n’en avez pas ? C’est un peu diffamant comme situation non ? »

Pour éviter ce genre d’objection (somme toute justifiée) on utilise violence comportementale, on joue avec la grammaire en pensant jouer avec ces salariés, ces syndicalistes dont on ne veut plus. « Ils n’y verront que du feu ! » pensiez-vous. Dommage messieurs du ministère : Francis Battista, Paul Michel et tous ceux qui les soutiennent sont moins bêtes que ce que vous croyez !

 

Grammaticalement vôtre

Mlle B.

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